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#1 15-09-2008 17:51:36

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IPv6, le futur protocole du Net L'IPv6

L'IPv6 multiplie quasiment à l'infini le nombre d'adresses IP disponibles et donc de machines qui peuvent être connectées simultanément au réseau.

De nombreux sites permettent d'obtenir l'adresse IP de sa machine, c'est-à-dire la suite de quatre nombres compris entre 0 et 255 (en IPv4) qui l'identifie sur le réseau. Ces sites (ici www.adresseip.com) se rémunèrent en affichant des publicités.
L'annonce date du 12 décembre dernier : « Free déploie l'IPv6 ». Si, concrètement, cela
ne changera rien (du moins dans un premier temps) pour ses abonnés, la nouvelle est d'importance. Car Free est le premier FAI grand public (côté pro, Nerim est sur les rangs depuis 2002) à passer à la nouvelle version du protocole IP, qui date pourtant... d'une dizaine d'années. Petit retour en arrière : pour communiquer entre eux, les ordinateurs (et périphériques) connectés à Internet ont besoin d'un protocole commun. Dès 1972, Vinton Cerf et Robert Kahn élaborent la première version du TCP/1P, pierre angulaire technologique sur laquelle se construira le réseau Internet.
Pour résumer (très) grossièrement, le TCP permet de segmenter en paquets les informations à envoyer et l'IP d'adresser ces paquets d'un ordinateur à l'autre. En 1978, la quatrième version d'IP, IPv4 (Internet Protocol version 4) est publiée, un protocole si simple et si robuste qu'il est encore majoritairement employé dans l'Internet tel qu'on le
connaît aujourd'hui. De fait, l'IPv4 a un seul véritable défaut, situé dans la nature de l'identification des machines connectées à Internet. Celle-ci, connue sous le nom d'adresse IP, comporte quatre nombres (des octets), compris entre 0 et 255, sépa-
rés par des points (exemple totalement pris au hasard : 191.236.69.87).
Pour dépasser 4 milliards de PC connectes...
Si l'adresse est ainsi codée sur 32 bits, cela signifie que
le nombre maximal d'adresses est de 232, soit très exactement 4 294 967 296. Un peu plus de quatre milliards, cela suffit encore à I ' h eu re actuelle où des pans entiers de l'humanité ne sont pas encore connectés au Net. Mais pas pour longtemps.
Dans le secret d'une adresse IP
Lors de l'envoi d'un message sur Internet ou, plus simplement, lors d'une navigation sur un site, on laisse une trace : l'adresse IP, cette suite de quatre octets (www.xx,x.yyy.777) si l'on est en IPv4 ou de huit nombres hexadécimaux (aaaa:bblob:cccc:dddd:eeee:ff-ff:gggg: h hh h) en IPv6. Cette innocente adresse IP en dit beaucoup sur vous car, à une adresse IP correspond un hostname, selon un système baptisé DNS (Domain Name System).
Grâce à celui-ci, on peut généralement remonter au lieu géographique d'où s'est opérée la connexion Internet (du moins le noeud de
réseau), ainsi qu'au fournisseur d'accès qui possède la plage d'adresses IP à laquelle celle qui nous intéresse appartient.
Dans le cadre d'une enquête, lorsqu'un délit ou un crime a été commis (mise à disposition de contenus protégés, publication de documents interdits, etc.), les fournisseurs d'accès sont sommés de fournir à la justice l'identité de l'abonné à laquelle correspond l'adresse IP enregistrée. Il en existe de deux types, selon votre abonnement et votre FAI : permanente ou dynamique. Dans ce dernier cas, elle change à chaque nouvelle connexion.

IP'
COMPRENDRE
Hast Name    AArniens-IP4- '-102-24.s/P0-34.abo.wanadre.fi-
IP Address    S0.34.36.24 rLabel IP Addressi
Sait-il, le visiteur de ce blog, que l'on sait beaucoup de choses de lui et notamment son adresse IP, la ville d'où il se connecte (Amiens) et son fournisseur d'accès (Orange, ex. Wanadoo) ? Mais seule une requête judiciaire permet d'en obtenir plus auprès de ce dernier, notamment le nom de l'abonné et son adresse.
D'abord parce que, en réalité, un
grand    nombre
d'adresses ne
sont pas utilisables : de nombreuses plages de 16,8 millions d'adresses ont été réservées par les premiers arrivés américains puis européens, au détriment des pays émergents mais plus peuplés, en Asie en particulier.
Ensuite parce que le nombre de connectés ne cesse d'augmenter : environ 1,1 milliard en 2006 et des prévisions de 1,5 milliard pour 2011 selon l'institut Jupiter Research. Enfin, parce que chaque connecté utilise de plus en plus d'appareils : ordinateurs et téléphones portables, périphériques divers et variés (par exemple un cadre photo abonné à un flux RSS), etc. Pour l'instant, l'utilisation de sous-réseaux permet de pallier le problème : même si trois ordinateurs sont connectés à Internet via une même box, c'est l'adresse IP de cette dernière, et uniquement celle-ci, qui apparaît sur le Net. Mais autoriser la fourniture d'une adresse unique à chaque équipement connecté permettrait de simplifier largement les procédures de mise en place des réseaux. Et comme, de toute façon, l'IPv4 ne pourra pas supporter indéfiniment l'essor du nombre de connectés, autant passer à la version suivante.
Free montre la voie
Cette nouvelle version, on l'aura compris, se nomme IPv6. C'est tout sauf une nouveauté : cette version du protocole IP a reçu son nom définitif en 1995 (il s'appelait auparavant SIPP) et les premiers réseaux IPv6 datent de 1996, y compris en France avec Renater qui raccorde plus d'un millier d'établissements dans le domaine de la recherche, de la technologie et de l'enseignement.
Principale nouveauté de l'IPv6, bien sûr : la nature des adresses utilisées pour identifier les machines reliées au réseau. Celles-ci sont composées de huit nombres hexadécimaux séparés par des doubles points (lire encadré ci- contre). Ce nombre d'adresses disponibles tutoie l'infini : 21" soit, pour reprendre une image souvent resservie par les défenseurs de l'IPv6, 667 millions de milliards d'adresses... par milli
mètre carré de surface terrestre ! Autant dire que, cette fois, l'avenir est assuré.
À terme, l'IPv6 devrait d'ailleurs donner un coup de fouet à certaines applica
tions en manque d'adresses, telles que la domotique. L'IPv6 recèle d'autres avancées annexes, en particulier l'implémentation en stan
dard de la couche de sécurité IPSec ainsi que du multicast, c'est-à-dire l'envoi simultané d'informations à un groupe d'adresses IP (une technologie impérative dans le cadre de la diffusion vidéo en streaming). Reste qu'on est encore très loin de l'adoption massive de l'IPv6. Certes, les systèmes d'exploitation actuels (Mac OS X, Linux, Windows Vista) le supportent, de même que nombre de matériels
réseau (rou-
teurs, etc.), au besoin en mettant à jour leur firmware. Mais les fournisseurs d'accès, malgré le fait que leur réseau interne fonctionne
généralement en IPv6, restent frileux. L'activisme de Free les encouragera-t-il à franchir le pas ? ■
Bruno Mahé
Les abonnés à Free en zone dégroupée équipés d'une
Freebox v4 ou v5
(aussi appelée
Freebox HD) peuvent désormais obtenir une adresse IPv6.


Cordialement

L'équipe Parisdepannage.fr

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