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#1 02-09-2008 17:00:48

Admin
Administrateur
Date d'inscription: 30-07-2008
Messages: 683

Initiation à la sécurité dans le domaine informatique ! (très bon)

Le but de ce document est d’accroître vos connaissances et votre maîtrise dans la sécurité
informatique et celle des réseaux.
Ce document  est  sensé concerner   les particuliers mais aussi   les professionnels.  Le public
auquel s’adresse ce document doit seulement connaître les notions de base suivantes :
 Constitution d’un PC, ainsi que de ses périphériques.
 Constitution logique et physique d’un réseau.
 Constituants matériels d’un réseau.
 Systèmes Windows 95, 98, NT 4 en version WorkStation et Serveur.
Ces quelques notes sont  un résumé de  l'exposé oral.  L'exposé se voulant   le plus
interactif possible, j'approfondirai l'un ou l'autre point selon les desiderata de chacun.
Pré-requis et objets du cours
Nous nous attarderons surtout  sur les méthodes cryptographiques et  de protection
de  réseau de  type TCP/IP.  Nous   supposerons  que  les   réseaux  à protéger   sont
connectés à un autre réseau extérieur, réputé non-sécurisé (comme Internet). Nous
envisagerons donc toujours la pire des situations.
Au point de vus des pré-requis, il faut avoir une certaine connaissance du protocole
TCP/IP, et du fonctionnement d'Internet (DNS, adresses IP,  routage,..). 
Il nous arrivera aussi de faire fréquemment référence à Unix, car c'est le meilleur OS
pour  analyser  et  pénétrer  un réseau,  grâce à  toute sa panoplie d'outils puissants.
C'est aussi l'OS le plus sensible aux   attaques car il souffre de nombreux bugs de
sécurité qu'il faut maîtriser.
Pourquoi la sécurité?
Aujourd'hui,   les  entreprises   investissent  beaucoup d'argent  dans   la  recherche  et
dans le développement de nouveaux produits. Des budgets incroyables sont utilisés
a des  fins publicitaires pour rassembler   les clients potentiels dans des  listes.  Ces
listes   sont   d'ailleurs   jalousement   gardées...   Lorsqu'on   se   donne   tant   de   peine,
lorsqu'on   dépense   tant   d'argent,  on  n'a  pas   envie   que  nos   concurrents  ou  nos
employés s'en aillent avec notre liste de clients, effacent nos travaux de recherche
ou abîment notre matériel.
Nous n'avons pas non plus envie que des curieux nous espionnent,   lisent  notre
courrier ou se mêlent de notre vie privée. Qu'ils parlent à tout vent de vos problèmes
de santé...
Généralement, on ne veut rien de tout cela. On veut juste pouvoir travailler librement,
l'esprit tranquille. On veut pouvoir compter sur une certaine fiabilité du système. On
veut  aussi,  dans une autre mesure,  pouvoir oublier qu'un système de sécurité est
présent: il faut qu'il soit le plus fiable et le plus transparent possible. La transparence
est la facilité avec laquelle il se fait oublier par l'utilisateur final.
Nous allons voir que nous ne pouvons augmenter l'une de ces deux qualités qu'au
détriment  de  l'autre.  C'est  généralement   trouver  un  juste milieu entre efficacité et
transparence qui pose un problème de choix. Il n'y a pas de solution miracle. Pour
des problèmes dont vous n'êtes pas sûrs, il vaut mieux faire appel à une société qui
fait de la consultance en sécurité et qui pourra vous aider et vous conseiller.
Ce cours n'a bien entendu pas  la prétention de vous  transformer en un expert  en
sécurité, il faudrait pour cela une formation plus longue, un syllabus nettement plus
conséquent  et  surtout,  des travaux pratiques. Nous nous contenterons simplement
de vous initier aux concepts fondamentaux de la sécurité, tout en prenant assez de
recul pour que cela puisse s'appliquer à la plupart des topographies de réseau.
OBJECTIF DE CE
DOCUMENT
INTRODUCTION
1Initiation à la sécurité des
systèmes d’information
dans les collectivités
locales
Connaissances à acquérir pour
pouvoir concevoir, gérer et dépanner
un réseau.
     Livre Blanc
Les différentes connaissances à acquérir pour pouvoir concevoir, gérer et 
dépanner un réseau.
111
Chambre de Commerce et d’Industrie de Saône et LoireInitiation à la sécurité des systèmes d’information dans les collectivités locales.......1
TABLE DES MATIERES.............................................................. 2
OBJECTIF DE CE DOCUMENT................................................... 1
INTRODUCTION......................................................................... 1
Pré-requis et objets du cours 1
Pourquoi la sécurité? 1
Connaître ses ennemis 2
Virus 2
Worms  2
Trojan horse 2
Back doors 2
Password Cracking 2
Social Engineering 3
LES TYPES DE SÉCURITÉ......................................................... 3
La sécurité physique 3
Une machine Unix 3
Le disque dur 3
Le bouton reset 3
LA SÉCURITÉ RÉSEAU.............................................................. 3
Définir une politique 4
LA CRYPTOGRAPHIE................................................................. 4
Cryptographie à clé unique 5
RSA 5
Garantir l'origine d'un message 6
RSA en pratique 6
PGP 6
SSH Secure Shell 7
SSH security tunnels 7
SSL Secure Socket Layer 7
SET Secure Electronic Transaction 7
L'AUTHENTIFICATION............................................................... 8
Les passwords 8
L'équivalence 8
Kerberos 9
Crypto Card 9
Autres authentifications 9
LES ATTAQUES RÉSEAU......................................................... 10
TABLE DES MATIERES
2Sniffing 10
Finger 10
Bridez votre Finger! 11
FTP 11
NFS 12
IP-Spoofing 12
DNS-Spoofing 12
LES FIREWALLS....................................................................... 12
Les types de machines 13
Packet Filter 13
Screening Router 13
Dual-Homed Host 13
Les architectures 13
Bastion Host 13
Dual-Bastion 13
IP-MASQUERADING................................................................. 15
BIBLIOGRAPHIE...................................................................... 16
3Connaître ses ennemis
Virus
Programmes modifiant  d'autres programmes ou détruisant  des portions sensibles.
Beaucoup d'utilisateurs naïfs ont cru à la véracité du virus GoodTimes, un virus qui
est sensé se propager par courrier électronique et détruire les données d'un disque
dur.  Le seul  vecteur  de propagation de ce virus est   la crédulité humaine qui  se
charge de propager non le virus, mais la rumeur elle-même. Il n'empêche que des
portions de code sont transmissibles via E-mail et sont même exécutables via MIME
(Multipurpose  Internet  Mail  Extensions).  Un  interpréteur  Postscript  peut  ainsi  être
automatiquement activé et exécuter une portion de code véreux.
Comme énoncé dans la définition, un virus n’est qu’un programme. Le plus souvent
écrit  dans un  langage proche de  la machine,   l’assembleur.  Ce  langage permet  de
créer du code exécutable très rapide et facilite l’appel à des routines systèmes.
Lors de  la sortie de Windows 95,   la plupart  des gens ont  crus que ce système
d’exploitation allait  stoppé  la propagation des virus (du  fait  que ceux-ci était  prévu
pour un environnement 16 Bits). Il n’en est rien et on n’a même assisté à l’apparition
de virus 32 Bits fonctionnant sous Windows 95, 98 et NT.
D’autres virus ont également vu  le  jour,   tel   les macros virus qui utilisent  l’interface
VBA (Visual Basic pour Application) pour se propager. Il est en effet assez facile de
programmer une macro dans un fichier Word pour que celle-ci se recopie dans un
autre fichier Word lorsque ce dernier est enregistré. Les macros virus sont de loin les
plus virulent actuellement. 
Worms
Programmes se propageant d'une machine à l'autre sur un réseau.
Trojan horse
Programme semblant avoir une autre fonction que celle qu'il réalise
effectivement. L’utilitaire Scan de Mcfee a d’ailleurs souvent été l’objet de
Trojan Horses (Chevaux de Troie).
Back doors
Portion de code agissant sans authentification. Imaginons qu’une erreur de
programmation induise, dans certaines situations, l’exécution d’un code
permettant l’accès à des ressources sans login ni mot de  passe.
Password Cracking
Il est très souvent facile d'obtenir le mot de passe d'un utilisateur peu avisé. Soit il
s'agit d'un mot de passe facile à deviner (123, le prénom de la copine ou du fiston),
soit il est écrit en toutes lettres sur un post-it collé à l'écran, soit la secrétaire le sème
à  tout  vent.    Même  les plus prudents ne sont  pas à  l'abri  d'un regard attentif  au-
dessus de  l'épaule.  Evitez spécialement   les mots de passe  faits de mouvements
réguliers sur le clavier du type azerty. Une autre erreur classique est d'utiliser comme
mot de passe le nom d'utilisateur comme guest - guest. Il faut également se méfier
des faux programmes de login ou des programmes qui utilisent la force brute pour
détecter un mot de passe à partir d'un dictionnaire.  Les plus redoutables crackers
auront  même  recours  au  "eavesdropping"   pour   capturer   votre mot  de passe en
"sniffant" les paquets réseau.Social Engineering
Un pirate  informatique a quelquefois bien plus de  talents psychologiques que de
compétences informatiques.  Toutes les attaques informatiques n'ont  pas l'efficacité
d'un simple coup de fil donné d'un ton assuré pour réclamer un mot de passe oublié
ou égaré.
La sécurité physique
Pour  attaquer  un ordinateur,  vous pouvez  vous y prendre de manière purement
physique. En règle générale, les systèmes de sécurité se basent sur le fait que les
machines cruciales (par exemple les serveurs de  clés), sont physiquement protégés.
Il est en effet possible de causer pas mal de problèmes à une machine à laquelle on
a physiquement accès.
Une machine Unix
S'il  s'agit  d'une machine Unix,  il suffit de la faire démarrer dans le mode dit single
user. Vous avez alors un accès complet à la machine, sans que l'on vous demande
le moindre password.  (NB Cela dépend de     l’implémentation Unix envisagée.  Les
OS actuels offrent la possibilité de demander un password au démarrage, ce qui est
évidement, nettement préférable!). Ainsi, vous pouvez consulter tous les fichiers que
vous   voulez,   les   transférer   sur   un   support,   changer   les   passwords   de   tous   les
utilisateurs ou détruire les disques.
On peut  se protéger  de cette attaque en enfermant   la machine dans une pièce
surveillée, ce qui peut parfois être assez contraignant ou en imposant un password
même   quand   la  machine   est   dans   le  mode   single-user.  Presque   tous   les  OS
proposent cette option, mais peu l'activent d'origine.
Pratiquement,   le  mode   single-user   est   utilisé   pour   des   tâches   de  maintenance,
comme la vérification des systèmes de fichiers ou les backups. On s'en sert aussi
pour récupérer des disques endommagés, ou pour retrouver des passwords égarés.
Le disque dur
Que votre OS ne vous donne pas accès aux fichiers d'un disque est une chose. Mais
ce que votre OS ne peut pas vous empêcher de faire, c'est de démonter la machine
pour  en extraire  le disque,  et  ensuite  l'utiliser  sur  une autre machine,  sur   laquelle
vous avez accès. Il suffit de savoir se servir d'un tournevis et le tour est joué!
C'est  pourquoi   les serveurs de  réseau sont  souvent  dans des boîtiers verrouillés
avec une ou plusieurs clés.
Pour s'en protéger, il faut crypter vos systèmes de fichiers. Ainsi, si un tiers entre en
sa possession, il ne saura rien en faire puisque, normalement, il ne pourra pas entrer
en possession de la clé. La majorité des OS peuvent gérer les systèmes de fichiers
cryptes. Si ce n'était pas le cas, il existe aussi des cartes hardware, qui se placent
entre le disque et le contrôleur. Dans ce type de système, les clés peuvent soit se
trouver sur une disquette, soit être simplement  une phrase ou encore être stockée
sur une carte à puce.
Le bouton reset
Bien que le bouton reset, qui se trouve sur la plus grande partie des machines, ne
puisse pas vous donner  un accès aux  fichiers,   il  peut  en  tous cas sérieusement
endommager   les systèmes de  fichiers s'il  est  pressé à un mauvais moment   (par
exemple, lors de la mise à jour d'une base de données).
Si la sécurité physique des machines peut être  facilement assurée sans nuire à la
transparence, il n'en va pas de même avec la sécurité des réseaux d'ordinateurs, qui
est   l'objet  de ce cours.  Les attaques en réseau sont  perverses et  complexes pour
plusieurs raisons:
LES TYPES DE
SÉCURITÉ
LA SÉCURITÉ RÉSEAU
3• Elles font appel à des fonctions pas ou peu documentées, et dont la plupart des
administrateurs  ignorent   l'existence.  Tous  les  jours,  on découvre de nouveaux
trous de sécurité.
• Elles peuvent s’exécuter de manière invisible (ou en tous cas, peu visible). Une
attaque peut se réaliser sur la machine que vous êtes en train d'utiliser, sans que
vous ne vous aperceviez de quoi  que ce soit.  On peut  même espionner  votre
écran à distance pour voir ce que vous faites.
• La   localisation   de   l'attaque   et   donc   l'identité   du   pirate   sont   très   difficiles   à
déterminer. Une attaque bien menée se réalise donc presque sans risques. 
• Elle se fait à des moments inattendus, comme la nuit, quand personne n'est là
pour arrêter ou tenter de localiser le pirate.
Le reste du cours sera consacré à cet aspect des choses. Ce domaine très complexe
est en constante évolution, et au fur et à mesure que les techniques de défense se
développent,   les pirates  trouvent  de nouvelles  failles.  Vous n'aurez probablement
jamais un réseau sécurisé à  vie: il faudra vous tenir au courant et faire de fréquentes
mises à jour! C'est un travail considérable qu'il ne faut pas négliger.
Définir une politique
Supposons que vous ayez à construire un réseau d'ordinateurs,  et  que ce réseau
doive avoir un certain niveau de sécurité. Nous allons voir  les grandes techniques
utilisées en défense, leurs avantages et leurs inconvénients.  Un bon réseau utilise
plusieurs techniques, intelligemment combinées.
Avant toutes choses, il ne faut pas vous lancer tête baissée dans les documentations
techniques ou sur les pages Internet relatives à la sécurité. Il faut prendre le temps
de développer une politique de défense claire, efficace et bien pensée.
Vous devez commencer par choisir votre politique générale, et il en existe deux:
• Tout ce qui n'est pas explicitement permis est interdit
• Tout ce qui n'est pas explicitement interdit est permis
Une  fois ce choix   fait,   il  y a quelques points  dont  vous devez absolument   tenir
compte:
• Quels sont vos besoins en sortie?
Il faut savoir si vous avez besoin du WWW, de faire du FTP, de l'IRC. Quelles sont
les   applications   que   vous   utilisez?   Quel(s)   port(s)   utilisent-elles?   Quel(s)
protocole(s)?
• Quels sont vos besoins en entrée?
Le mieux serait que l'on ne puisse pas accéder directement aux machines du réseau
sécurisé.  Vos besoins en entrée seraient  alors nuls.  Si  ce n'est  pas  le cas,   il   faut
savoir  qui  peut  accéder  à quelles machines,  avec quel  protocole,  sur  quel  port,  à
quel moment,... Tout doit être précisé clairement.
• Le risque que vous êtes prêt à prendre?
C'est   inévitable,   il  y aura  toujours une petite part  de  risque,  de  faille,  dans votre
système. Plus votre système sera efficace, plus il sera lourd et contraignant. Il faut
trouver le juste milieu. N'utilisez pas un système d'authentification par cartes à puces
pour lire votre courrier personnel! Un password devrait suffire.
Il faut aussi savoir que les processus d'authentification énervent les utilisateurs. Un
utilisateur énervé étant toujours désagréable, évitez les protections démesurées.
• Pensez à l'avenir!
Prévoyez aussi   l'évolution de votre  réseau.  S'il  y a dix postes cette année,  et  15
prévus   pour   l'année   prochaine,   votre   politique   ne   changera   pas.  Par   contre,   si
l'année   prochaine,   ce   sont   150   postes   qui   sont   attendus,   il   faudra   penser   dès
maintenant à une solution souple et extensible!
Une fois ce document terminé, vous aurez toujours à tout moment une liste exacte
de vos besoins et vous n'oublierez rien quand vous ferez vos choix. Structurez-le et
faites des plans, des dessins topographiques et logiques.
Lorsqu'on sait que le canal de communication n'est pas secret, ou lorsqu'il nous est
impossible de le rendre  secret (téléphone, Internet,...), il faut crypter nos données de
manière   à   ce   qu'elles   ne   soient   lisibles   que   par   un   groupe   défini   et   précis   de
personnes, en possession de la clé de décodage.
LA CRYPTOGRAPHIEC'est le seul moyen de transférer des données de manière sûre dans un canal de
communication   qui   peut   être   facilement   espionné.   La   cryptographie   est   utilisée
depuis   Napoléon   dans   des   tas   d'applications,   et   notamment   dans   les   affaires
gouvernementales et dans l'armée.
Il   ne   faut   pas   croire   que   les   gens   qui   utilisent   la   cryptographie   sont   tous   des
vandales, des délinquants ou des pirates. Il y a des tas de raisons pour crypter un
message,  comme  il peut  y avoir des  tas de raisons pour  lesquelles vous envoyez
une lettre sous enveloppe et non sur une carte postale.
En Belgique, l'encryption n'est pas encore interdite. Ce n'est malheureusement pas
le cas chez nos amis Français qui doivent demander une autorisation spéciale pour
utiliser des systèmes cryptographiques et doivent,  en plus,  déposer un exemplaire
des clés auprès d'une  instance compétente.  Profitons du  fait  que  l'on peut  encore
s'en servir pour voir quelques algorithmes...
Cryptographie à clé unique
Comme son nom le laisse supposer, cet algorithme se base une clé unique pour les
deux parties. C'est donc la même clé qui est utilisée pour le codage et le décodage.
Appelons K la clé unique. Imaginons que deux parties (A et B) veulent s'échanger un
message secret.  A va chiffrer  un message  (que nous noterons alpha avec  la clé
unique K. Il applique K à alpha, ce qui nous donne le message K(alpha). Pour que B
puisse décoder le message, il va appliquer K au message reçu. Ce qui nous donne
K(K(alpha)), c'est à dire le message alpha original.
Cette méthode présente d'énormes désavantages:
• Si une personne entre en possession de la clé, elle peut non seulement lire tous
les messages échangés par les parties, dans les deux sens, mais aussi se faire
passer pour une des parties en chiffrant le message avec la clé. 
• L'échange des clés doit  se  faire par  un canal   tout  à  fait  sûr,  pour  éviter  que
quiconque  n'en prenne  connaissance.  Pour   faire  les   choses   correctement,   il
faudrait une rencontre physique entre les deux parties pour procéder à l'échange
des clés, ce qui n'est pas toujours possible. 
• On est obligé d'avoir une clé unique pour chaque paire de correspondants. C'est
assez lourd à gérer. 
• Pour obtenir une certaine résistance à  la cryptoanalyse,   les clés doivent  êtres
assez longues. 
• Si quelqu'un se trouve en présence d'un texte crypté avec la clé et du texte en
clair qui y correspond, on peut assez facilement en déduire la clé de codage.
Comme on  le  voit,   cette méthode,  utilisée  pendant   le guerre dans  des  grosses
machines ressemblant  à une machine à écrire, souffre de nombreuses lacunes.  A
l'heure actuelle, cette méthode n'est presque plus utilisée pour des applications un
peu sérieuses. Méfiez-vous néanmoins des programmes soit disant sérieux utilisant
un algorithme secret. En effet, si se dernier doit rester secret, c’est qu’il est, dans la
plupart   des   cas,   faible   au   niveau   cryptographique   et   par   conséquent   facilement
cassable.
RSA
Au lieu d'avoir une clé unique et secrète,  chaque partie génère une paire de clés.
Une des clés est dite publique et l'autre privée. Comme leur nom le laisse supposer,
une des clés peut  être  librement  distribuée à  tous  les correspondants,   tandis que
l'autre doit rester secrète.
Toute l'astuce consiste en cette propriété remarquable:
Notons Pu la clé publique, Pr la clé privée et χ un message quelconque.
5  Pu (Pr(χ))=Pr(Pu(χ)=χ
Donc, la clé publique annule le cryptage de la clé privée et la clé privée annule celui
de la clé publique. Les clés publiques et privées sont comme matière et antimatière.
Garantir l'origine d'un message
Avec ce système de clés, on peut aussi être sur de l'identité de la personne qui nous
envoie un message.  Soient   les personnes  α  et  β.  α  envoient  un message à  β  et
alpha veut prouver que c'est bien lui qui envoie le message.
Voici ce qui va se passer lors du codage:
   β    α
P   (P   (χ))

u     r
α  crypte  le message avec  sa  clé privée et  avec   la  clé publique de  β.  Lors  du
décodage,  β  n'aura qu'à appliquer un décodage avec sa clé privée,  et  un second
avec la clé publique de β. Le message final sera alors:

r(Pβ
u(Pβ
u (Pα
r(χ))))=χ
..ce qui est bien le message original!
RSA en pratique
PGP
PGP (Pretty Good Privacy) est un programme d'encryption de fichiers, que ce soient
des textes ou des programmes. Il peut encrypter les fichiers en   ASCII pour ensuite
ler insérer dans des messages. Vous pouvez ainsi échanger de manière tout-à-fait
sûre  tous  les messages que vous voulez. La robustesse d'une clé à 1024 bits est
telle que vous pouvez être certain qu'elle résistera à un supercalculateur actuel. (Par
exemple un CRAY Y/MP) pendant au moins quelques milliers d'années.
PGP permet en plus de signer un message pour en garantir l'authenticité. Imaginons
que je vous envoie, sur Internet, un message pour vous dire que le cours est reporté.
Cela pourrait très bien être quelqu'un d'autre qui l'écrit, en se faisant passer pour moi
rien   que   pour   vous   causer   des   ennuis.  Vous   devez   donc   toujours   douter   d'un
message qui n'est pas signé par une méthode sûre.
Voici un exemple de message signé, en utilisant le programme PGP: 
-----BEGIN PGP SIGNED MESSAGE-----
Vive les cours de la technothèque!
-----BEGIN PGP SIGNATURE-----
Version: 2.6.3i
Charset: noconv
iQCVAwUBMjNO92mx20WXHjsFAQGgcAP8C1sGZaqMnh7gAvKT4dBsCGDkBfFtiu
V0
k3Xcre4j3mJpYqsGdTg/4FbZuaEQx4RracFZvqTrYXsM2Wm/sgCYbk604rB4j7V6
WrTZEGrmj5G0yxc2B8aaKq1/lNAo85Lx0mo1NKxJvqV6V1xT5jlkR7xfvdvcvaJD
CrL3DNG4UGw=
=Kxu6
-----END PGP SIGNATURE-----
Si vous êtes en possession de la clé publique, que je suis bien l’auteur du message,
et qu'il n'a pas été modifié. En effet, ce message étant signé avec la clé privée, vous
pouvez vérifier la signature avec la clé publique. De plus, comme je suis le seul à disposer de la clé privée, je suis le seul à pouvoir faire une signature qui correspond
à la clé publique.
SSH Secure Shell
Lorsque vous vous connectez à distance sur une machine avec un remote shell de
type Telnet, rsh, rlogin,... vous transférez chaque fois votre password en clair sur le
réseau. De plus, on peut facilement faire un dump de votre session pour voir ce que
vous avez fait. C'est utile pour avoir des passwords, ou des fichiers de passwords,...
Il en va de même pour vos sessions Xwindows qui peuvent être tracées.
SSH est un programme client/serveur qui vous permet d'obtenir un remote shell de
manière   sécurisée.   Dès   l'établissement   de   la   connexion,   les   deux   machines
s'échangent une clé RSA de 768 bits, fréquemment modifiée. Cette clé n'est jamais
écrite sur le disque mais est stockée en mémoire, pour la conserver secrète. Votre
password et toute votre session seront protégés par une clé RSA. La protection est
efficace puisqu'il faudrait environ 200.000.000 MIPS pour craquer la clé RSA de 768
bits en un an!
SSH encrypte et   forwarde aussi   les   session  XWindows et   crée de  faux   fichiers
.Xauthority pour tromper les traceurs de sessions XWindows.
SSH security tunnels
SSH vous offre  la possibilité de créer  des  tunnels sécurisés entre des machines.
Vous pouvez rediriger un port  d'une machine A vers un port  d'une machine B de
manière entièrement transparente.
Si vous vous connectez fréquemment à un serveur FTP, ou si vous lisez votre mail
avec Eudora,  Netscape ou autre,  vous pouvez sécuriser   la connexion de manière
entièrement transparente. Imaginons que je suis sur une machine www.test.com et
que  je  veux   faire une  connexion  FTP  vers   la machine www.site.fr   à  l'aide  d'un
compte manu.
Sur   www.test.com, je vais installer un tunnel avec www.site.fr. Je vais par exemple
rediriger le port 6666 de ma machine vers le port 21 (FTP) de  www.site.fr:
ssh -l manu -L 6666:www.site.fr:21 www.site.fr
Je suis maintenant connecté sur  www.site.fr en tant qu'utilisateur  manu et en plus,
le port 6666 de ma machine est relié sur le port 21 de www.site.fr.
Pour faire une connexion FTP, il ne me reste plus qu'à faire: ftp localhost:6666
..et   la connexion sera automatiquement   transférée et  cryptée vers  le port  21 de
www.site.fr.
SSL Secure Socket Layer
Parfois, sur le Web, on vous demande d'entrer votre numéro de carte de crédit ainsi
que sa date d'expiration. Toutes ces informations sont envoyées dans un joli paquet,
très pratique pour acheter sur votre compte. Pour ne pas que le premier sniffer venu
vous   vole   vos   précieux   numéros,  Netscape   a   implémenté  SSL   (Secure  Socket
Layer), qui encrypte vos demandes sur le Web, dans les deux sens.
Mieux encore... Quand vous êtes connectés sur un site, par exemple celui de chez
VISA, comment savoir qu'il s'agit bien du site VISA et non d'un autre site, qui se fait
passer  pour   le site VISA et  qui  attends que vous entriez votre code secret? Pour
cela, on utilise la certification. Le site VISA doit demander un certificat SSL auprès
d'une instance officielle comme VeriSIGN (http://www.verisign.com) qui sera chargé
de délivrer et authentifier de manière unique le certificat.
SET Secure Electronic Transaction
SET a été développé par Visa et Mastercard en collaboration avec d’autres
partenaires (Netscape, …) pour effectuer des transactions commerciales au travers
7du web. Le consommateur ainsi que le commerçant doivent demander un
identificateur spécial à leur banque et utiliser un logiciel adhoc (Un Digital Wallet ou
portefeuille électronique pour l’utilisateur et un serveur SET pour le vendeur). Ces
certificats seront délivrés à partir d’un site Web relié à la banque de l’acheteur et du
vendeur. C’est la banque qui assure ainsi la reconnaissance des deux parties et non
plus un organisme privé comme s’est le cas avec SSL.
Vous trouverez plus d’information sur le site http://www.mastercard.com/set/.
La première étape dans  tout  mécanisme de sécurité,  c'est   l'authentification.  Pour
savoir si un utilisateur a accès ou non à certaines ressources, il faut être sûr de son
identité.   Il  existe plusieurs   techniques,  plus  ou moins   valables,  que  nous  allons
passer en revue.
Les passwords
Le password est  secret  et  est  attaché à un utilisateur.  Seul   l'utilisateur  connaît   le
password. C'est une vieille méthode, utilisée bien avant les premiers ordinateurs, et
qui a ses failles:
• La sécurité n'est assurée que si le fichier de password reste secret. Même si les
passwords sont cryptés dans le fichier, il vaut mieux qu'il ne soit pas accessible. 
• Il est toujours possible de forcer quelqu'un à dévoiler son password, par la force,
par chantage, par sa secrétaire,... 
• Il est possible d'intercepter un password, au moment où l'utilisateur le tape sur
son clavier, ou au moment où il transite sur le réseau. 
• Les passwords sont souvent mal choisis: prénom, nom de son chien, plaque de
voiture,   date   de   naissance,...  On   peut   donc   les   deviner   assez   facilement.
Certains dictionnaires regroupant des passwords courants existent d'ailleurs. 
• S'ils sont retenus par cœur, ils doivent revêtir un caractère logique: un mélange
de morceaux de mots, souvent groupés en syllabes prononçables.
• S'ils   sont  écrits,   il   y  a  toujours  un  risque de découvrir   l'endroit  où    ils   sont
stockés. Un password ne venant jamais seul, on a de fortes chances de tomber
sur d'autres informations confidentielles.
• Ils   changent   rarement.   Si   vous   possédez   le   password   de   quelqu'un,   vous
pourrez bénéficier de son accès tant qu'il ne changera pas de password, c'est à
dire pendant longtemps...
Certains  de  ces  défauts  peuvent  être évités,  en utilisant   les   techniques  simples
suivantes:
• Sous Unix, rendez  la  liste de password  illisible par les utilisateurs normaux en
utilisant les Shadow Passwords.
• Forcez   les   utilisateurs   à   changer   fréquemment   de   password.   Vous   pouvez
facilement écrire un script qui fait cela automatiquement tous les jours.
• Refusez  les mots de passe  triviaux ou  trop courts.  Un bon mot  de passe doit
contenir 8 signes au minimum, être composé de lettres majuscules et minuscules
et   de   chiffres.   Vous   pouvez   remplacer   des   lettres   par   des   chiffres   qui   y
ressemblent. (Exemple: SpiderMAN devient 5p1derMAN)
• Sous Unix,  utilisez Crack:   il   teste à  l'aide d'une série de dictionnaires si   les
passwords   ne   sont   pas   trop   simples   à   deviner,   ou   si   ce   ne   sont   pas   des
password courants (gibson,   toyota,...).  Il  essaye aussi  toutes  les combinaisons
avec les noms de logins, les initiales,...
Si vous utilisez Crack sur une liste de quelques dizaines de passwords de personnes
normalement   constituées,   vous   serez   certain   d'en   découvrir   quelques-uns.
Enormément de gens mettent comme passwords des "mots" de deux lettres, ou leur
nom de login suivi d'un chiffre,...
L'équivalence
Il ne s'agit pas à proprement parler d'une authentification, mais plutôt d'une dispense
d'authentification...
L'AUTHENTIFICATIONAfin d'éviter de toujours devoir entrer son password lorsqu'on passe d'une machine à
l'autre,  on a mis au point  une authentification par  équivalence.  Le principe est  de
dire: si un utilisateur demande un accès à partir d'une machine A d'un réseau vers
une   autre  machine   B   du   réseau,   alors,   je   peux   demander   à   B   une   dispense
d’authentification pour  A,  c'est  à dire que  je n'ai  pas besoin de  lui  demander  son
password. En effet, s'il est déjà connecté sur une machine du réseau, cela signifie
qu'il s'est déjà authentifié correctement sur cette machine et donc, qu'il est superflu
qu'il le fasse une seconde fois.
Ce système est utilisé en pratique sur des réseaux de machines Unix. Pour éviter de
rentrer   son   password   chaque   fois   qu'on   ouvre   une   application   sur   une   autre
machine, on rend des machines équivalentes. On fait confiance à la machine A et on
dit  que  si   l'utilisateur  a  légitimement  pu se connecter  sur  A,  alors,   il  peut  aussi
légitimement se connecter sur B.
Ce système est  extrêmement  dangereux  et   il  convient  de bien surveiller  quelles
machines ont le droit de faire cela! Si c'est possible, n'utilisez pas cette méthode et
refusez toute authentification par équivalence.
Kerberos
Kerberos est aussi un système d'authentification développé au MIT. L'authentification
se fait auprès d'un serveur Kerberos qui vous délivre un ticket. C'est ce ticket qui va
ensuite vous identifier comme utilisateur auprès des clients qui utilisent Kerberos. Un
ticket a une durée de vie fixe et un nouveau ticket doit être délivrée par le serveur
Kerberos dès que sa durée de vie est écoulée.
Attention: Le principe utilisé dans Kerberos étant la cryptographie à clé publique, le
serveur Kerberos doit être physiquement inaccessible.
En pratique, Kerberos est rarement utilisé parce que c'est un système assez lourd.
En plus, il a été développé au MIT, pour le MIT et pas pour les autres. Il ne s'agit
donc pas d'une solution très adaptée, mais il faut savoir que cela existe. 
Crypto Card
Plutôt que d'utiliser un password, qui a tous les désavantages que l'on vient de voir,
on   peut   utiliser   une   carte   électronique   pour   s'authentifier.  C'est   par   exemple   la
technique utilisée si  vous  faites du Home Banking chez vous.  On vous  livre une
petite carte (un DigiPASS) qui ressemble à une calculatrice: c'est en fait un automate
cryptographique à algorithme RSA.
La clé privée se trouve dans une puce située dans votre DigiPASS. La clé publique
se trouve, elle, dans sur le serveur sur lequel vous devez vous identifier. Pour vérifier
que vous êtes en possession de la bonne clé, le serveur vous donne un défi à signer
avec la clé privée de votre DigiPASS. Un défi n'est rien d'autre qu'un nombre, le plus
souvent de 12 chiffres.
Vous entrez ce nombre dans votre DigiPASS et vous lui demandez de le signer avec
sa clé privée.  Vous n'avez plus qu'à  renvoyer   la signature  (le plus souvent  de 6
chiffres) au serveur. Celui-ci est en possession de votre clé publique et  peut donc
vérifier si la signature appliquée est celle que l'on attendait.
Que se passe-t-il si on vous vole votre DigiPASS? Là non plus, pas de problèmes,
on a pensé à tout! La mémoire du DigiPASS est aussi protégée par un mot de passe.
Si un mot de passe erroné est entré trois fois de suite, la puce est brûlée par une
surtension électrique à ses bornes, ce qui la rend tout à fait inutilisable. Pour craquer
le système,   il   faut  donc  disposer  du DigiPASS et  de  son password,   ce qui   fait
beaucoup de malchance!
A l'heure actuelle, cette méthode est l'une des plus sures et des plus faciles à utiliser.
Autres authentifications
Il   existe   encore   d'autres   méthodes   qui   sont   rarement   utilisées   pour   des
authentifications   classiques   sur   des   ordinateurs,   en   raison   du   manque   de
commodité.  De plus,   la plupart  d'entre elles ne sont  pas encore parfaitement  au
point. Citons en vrac les authentifications:
• par la voix
• par les empreintes digitales
9• par une photo de la rétine
• par  empreinte volumique de  la main  (méthode utilisée aux Jeux Olympiques
d'Atlanta)
• par analyse de l'écriture
• par analyse morphologique (analyse des traits du visage)
Apprendre à se protéger, c'est connaître les techniques de son adversaire. Avant de
prendre des mesures préventives, il faut savoir contre quoi on doit se prémunir. Plus
il  y a des services qui   tournent  sur  votre machine,  plus elle sera vulnérable.  Ne
croyez pas que tous les programmes sont bien conçus, bien écrits et sans trou de
sécurité.
Même des programmes qui existent depuis 20 ans,  qu'on modifie sans cesse,  ont
encore des trous. Il faut donc se tenir au courant en lisant par exemple les avis du
CERT sur les problèmes de sécurité. Suivez leurs conseils. Les avis du CERT sont
toujours signés avec PGP.  Ne suivez  jamais un avis du CERT qui  ne serait  pas
signé!
Nous allons donc passer en revue les quelques types d'attaques classiques et faciles
pour  bien  se défendre.   Il  en existe des   tas.  Ce  cours  n'étant   pas  un  cours  de
piratage, je ne m'attarderais pas sur des détails.
Sniffing
Les machines  qui  se  trouvent  sur  un  réseau ne s'intéressent  en général  qu'aux
paquets qui leurs sont destinés, les autres étant écartés.
Si   on   fait   passer   l'interface   réseau  en  promiscius  mode,   c'est   à dire  qu'au  lieu
d'envoyer au kernel uniquement les paquets qui lui sont destinés, on lui envoie tous
les paquets qui   transitent  sur   le  réseau,  on peut  espionner   tous  les échanges de
données, y compris des passwords, du courrier et bien d'autres choses.
Pour éviter cela,  on vend des cartes réseau qui refusent  de passer en promiscius
mode  (  par  exemple chez 3Com)   .  Mais on peut  quand même capturer   tous  les
paquets qui  sont  destinés à  la machine  locale.  Si  on  fait  cela sur  un serveur  où
travaillent  50 personnes, vous pourrez capturer tout  ce que  font ces 50 personnes
sur réseau (mail, password,...).
Si vous faites une connexion Telnet (ou FTP) sur une machine à partir de ou vers le
réseau que  je suis en train de sniffer,  toutes  les commandes que vous tapez sont
envoyées sur le réseau. Je pourrai alors capturer tout cela avec un sniffer et je serais
en   possession   de   votre   login   et   de   votre   password.   De   même,   j'entrerai   en
possession de  tous  les  fichiers  transférés,  que ce soit  du courrier électronique ou
tout autre fichier.
C'est   l'attaque   la   plus  méchante   et   la   plus   efficace   car   elle   est   absolument
indécelable. Par contre, il est nécessaire d'avoir un accès physique au réseau. Pour
la contrer, il ne reste qu'à encrypter absolument toutes les sessions critiques. C'est
très lourd, et assez complexe, mais c'est le prix à payer pour une bonne sécurité.
Finger
Idéal pour avoir des informations sur les utilisateurs, et surtout des noms de login.
Permet de voir si quelqu'un « travaille » sur la machine et est susceptible de détecter
une attaque.
Imaginons que je veuille savoir qui est connecté sur la machine  perso.lesite.com:
root@test:~# finger @perso.lesite.com
[perso.rtfm.com]
Login    Name                 Tty  Idle  Login Time   Office     Office Phone
manu     manu                  p1   89d  Oct 10 20:52 (192.168.2.2)
root     root                  p0     1  Oct 10 20:51 (192.168.2.2)
On voit que l'utilisateur « manu » et l'utilisateur « root » sont tous deux connectés.
On sait donc que le compte « manu » existe et on peu commencer à orienter ses
recherche par là...
Cherchons quelques informations supplémentaires sur l'utilisateur  « manu » de cette
manière:
root@test:~# finger manu@perso.lesite.com
[perso.rtfm.com]
LES ATTAQUES RÉSEAULogin: manu                             Name: manu
Directory: /home/manu                   Shell: /bin/bash
On since Thu Oct 10 20:52 (EET) on ttyp1 from 192.168.2.2
   0 days 5 hours idle
No mail.
No Plan.
Avant d'attaquer une machine, le pirate préfère savoir si quelqu'un travaille dessus.
Si c'est ce cas, il préférera ne pas attaquer, de peur d'être repéré et de perdre ainsi
tout le bénéfice de son "travail".
Sans   compter   que   Finger   a   été   la   source   de   nombreux   bugs,   pouvant   rendre
exécutable une partie des paramètres qu'on  lui  passait.  Finger  étant  exécuté par
root, les commandes pouvaient avoir de graves conséquences.
Bridez votre Finger!
Il vaut donc calmer les ardeurs de votre Finger, en le remplacent pas une version un
peu différente. Ceci est beaucoup mieux:
root@test:~# finger @test 
[www.test.com]
-----------------------------------------------------------------------------
       ** Welcome to this host's finger system, root@www.test.com **
                     This site is running cfingerd 1.2.1.
-----------------------------------------------------------------------------
     Finger "services@this.host" to get a listing of finger query services
                             this system provides.
Username Real name                      Idletime TTY Remote console location
-----------------------------------------------------------------------------
  If that scrolled by your screen too fast,  please put a "| more" at the end
                             of your finger command.
Le pirate croit en toute bonne foi que personne n'est sur la machine, et commence
son   attaque.   Pas   de   chance   pour   lui,   en   réalité,   voici   la   liste   des   personnes
présentes sur la même machine, au même moment:
root@test:~# who
root     tty1     Oct 10 22:20
root     ttyp0    Oct 10 22:21 (:0.0)
root     ttyp1    Oct 10 22:57 (:0.0)
root     ttyp2    Oct 10 22:57 (:0.0)
Et son attaque sera de suite repérée!
FTP
De   nombreux   serveurs   FTP  ont   des   bugs   ou   sont  mal   configurés   ce   qui   rend
disponible le fichier de passwords à tout le monde via le compte anonymous.
Certains serveurs FTP peuvent aussi exécuter des commandes qui peuvent parfois
être détournées au profit des pirates. Refusez l'accès anonymous sur votre serveur
FTP ou,  si ce n'est  pas possible, placez le serveur FTP sur une machine avec un
acompte root accessible uniquement depuis la console.
Voici un exemple de bug, très dangereux:
hash:~$ ftp test
Connected to test.24heures.rtfm.com.
220 test FTP server (Version wu-2.4(1) Sat Feb 18 13:40:36 CST 1995) ready.
Name (test:manu): manu
331 Password required for manu.
Password:
230 User manu logged in.
Remote system type is UNIX.
Using binary mode to transfer files.
ftp> site exec passwd root
11200-passwd root
200-Changing password for root
Cela  a  pour  effet   de  supprimer,   purement   et   simplement,   le  password  root.  Ca
marche extrêmement bien sur certaines machines!
NFS
Filesystem exportés,   filesystems oubliés!  NFS vous permet  de partager un disque
entre plusieurs machines, un peu comme sous Windows. Sous Unix, NFS utilise le
protocole TCP/IP et on peut donc monter des disques Unix depuis n'importe quelle
machine à travers Internet, ce qui rend le système plus pratique mais plus dangereux
en cas d'oublis...
Avec showmount, on peut facilement trouver une cible facile. Exemple d'un utilisateur
qui a oublié que son disque était exporté par NFS:
root@foo:~# showmount -e www.test.com
Export list for test:
/dosc/slakware (everyone)
/cdrom         (everyone)
/              (everyone)
IP-Spoofing
Comme vu plus haut, les utilisateurs de certaines machines ne sont pas obligés de
s'identifier   auprès   d'autres   machines.   Dès   lors,   il   est   possible   d'envoyer   des
commandes   à   une  machine   en   lui   faisant   croire   qu'on   est   une   des  machines
privilégiées. Aucun password ne nous sera demandé.
Cette méthode demande un peu plus de doigtée technique, et nous ne la détaillerons
pas plus. Sachez que cela existe, et soyez sur vos gardes.
Il n'existe malheureusement pas de solution au niveau protocole pour lutter contre ce
type d'attaque. On peut cependant utiliser l'astuce suivante:
Imaginons une équivalence entre les machines A et B. Un pirate, sur une machine C,
se  faisant  passer  pour   la machine B,  envoie des commandes vers  la machine A.
Avant que la machine A n’accepte les paquets, elle va demander à la machine B si
c'est bien elle qui vient d'envoyer le paquet que C a émis. Puisque ce paquet a  en
réalité,  été envoyé par C  ,  B répondra par  la négative et  A écartera  le paquet  du
pirate.
DNS-Spoofing
Renvoyer des résultats inattendus comme nom de machine peut vous donner des
accès très intéressants. La résolution des noms se réalise au moyen de la fonction
gethostbyname(). Le résultat de cette fonction est souvent utilisé tel quel dans des
commandes.
Pensons à un programme comme ceci:
  host = gethostbyname("193.75.199.3");
exec("telnet %s",host);
Si   la  fonction   gethostbyname()   retourne    foobar;   reboot,   la machine va exécuter
telnet   foobar;   reboot.   La   première   commande   échoue  mais   ensuite   la   seconde
s’exécute et la machine redémarre!
Un firewall. C’est à dire un mur coupe-feu en français, c'est comme un routeur, sauf
qu'au lieu de router sans réfléchir, il obéit à une police, un ensemble de règles très
précises.
Ces   règles   vont   par  exemple  empêcher   les  paquets  FTP de  rentrer   dans   votre
réseau sécurisé. Ainsi, même si votre serveur FTP interne est mal configuré et que
tout le monde peut écraser vos fichiers, vous n'aurez pas à vous tracasser puisque
personne   ne   pourra   faire   de   connexions   FTP   sur   votre  machine.   Elles   seront
arrêtées par le firewall.
Le  firewall   s'occupe aussi  de vous   informer  de qui   fait  quoi.  Vous pouvez ainsi
détecter la moindre anomalie, le moindre geste suspect. Il est évidement tout à fait
fondamental que personne à part vous n'ait de compte sur le firewall.
LES FIREWALLSLes types de machines
Packet Filter
Le packet   filter,  comme son nom  l'indique,   filtre  les paquets dans  les deux   sens.
Pour  ce  faire,   il  utilise des  fonctions de  routage  interne classiques.  Ce sont  des
protections efficaces,  mais pas  toujours suffisantes.  Certaines attaques complexes
peuvent déjouer les règles.
De plus, configurer un Packet Filter sans failles n'est pas facile et le risque d'erreur
est grand. Il est généralement utilisé en tête de réseau comme premier filtre avec un
autre système de défense derrière.
Par   exemple,   certains   routeurs   comme   les  CISCO  ou   les   Livingston   ont   cette
possibilité.
Screening Router
Evite le IP spoofing en vérifiant que les adresses d'origine des paquets qui arrivent
sur chaque interface sont cohérentes et qu'il n'y a pas de mascarade. Exemple: un
paquet qui a une adresse de votre réseau interne et qui vient de l’extérieur est un
Spoofed Packet.   Il   faut  le  jeter et  prévenir  le plus vite  l'administrateur qu'il  y a eu
tentative d'attaque. Screening Routers.
Un screening router est un routeur qui filtre les paquets sur base :
• de l'adresse IP source
• de l'adresse IP de destination
• du type de protocole (TCP, UDP, ICMP)
• du port
Le système a ses limites :
• la syntaxe pour définir les filtres devient vite complexe
• certains services (FTP, RPC) sont très difficiles à filtrer
• aucun fichier log ne recense les attaques
Dual-Homed Host
Il s'agit d'une machine que n'a pas de fonction de routage au niveau kernel, c'est à
dire au niveau du protocole.  Les paquets arrivant  sur   les  interfaces  réseaux sont
donc bloqués.
On   contourne   le   routage   du   niveau   kernel   par   un   routage   spécial,   au   niveau
application, avec un système de store-and-forward. Les applications utilisées pour le
routage sont des programmes tels que SOCKS,...
Le grand désavantage de cette méthode est que les clients doivent être écrits pour
utiliser  ce  routage au niveau application.  Les paquets doivent  donc être  redirigés
vers un port et une machine spéciale avant d'être forwardés sur le réseau.
Les architectures
Bastion Host
C'est l'architecture de défense la plus classique, mais aussi la moins coûteuse: une
machine, située en tête de réseau, reçoit tout le trafic, éventuellement déjà filtré par
un screening-router, et prend des mesures de sécurité.
Le bastion host peut exister avec une ou plusieurs interfaces réseau configurées. Il
est à noter qu'on est beaucoup plus à l'abri des attaques avec plusieurs interfaces
réseau, puisque les réseaux sont physiquement séparés.
Dual-Bastion
On a parfois besoin d'une zone moins bien protégée qu'une autre. Je pense à une
zone moins sécurisée que  l'on pourrait   joindre de  l'extérieur avec par exemple un
serveur WWW, un serveur de mail, un DNS,... et une zone  très sécurisée pour, par
exemple, les machines internes de la société.
On utilise alors un filtrage à deux niveaux: un premier bastion host qui laisse juste
passer ce qu'il faut pour  la zone tampon, constituée des serveurs de mail,... et un
second bastion, qui relie  le réseau  très sécurisé à la zone tampon. Le réseau très
sécurisé bénéficie alors d'un filtrage à deux étapes.
13IP-Masquerading est une technique géniale pour protéger très efficacement un
réseau local des attaques, tout en gardant une grande transparence. A l'heure
actuelle, seul Linux est capable de réaliser cela pour un prix raisonnable - Linux est
gratuit! -. Le fonctionnement de ce système n'est pas difficile à comprendre, mais
bien à expliquer!
Dans les grandes lignes, voici la philosophie: on déclare une machine comme étant
ambassadrice pour un réseau donné à sécuriser. On dit aux machines d'utiliser cet
ambassadeur pour  faire  leurs demandes.  En pratique,  vous devez configurer cette
machine comme gateway pour tous les clients. Ce gateway n'est rien d'autre qu'une
machine avec Linux et IP-Masquerading correctement configuré. Cela se fait à l'aide
du programme  ipfwadm, qui   bénéficie d'une documentation très claire..
Lorsqu'une demande arrive sur le gateway depuis de réseau local, elle est mise de
coté et le gateway génère une nouvelle demande, identique, qu’il envoie à l’extérieur.
Lorsque  le gateway a  la réponse,   il   la renvoie à  la machine qui  avait  demandé  le
paquet. Le client croit que son paquet a fait un chemin normal et est revenu par la
voie normale alors qu'en réalité, il a été intercepté.
Ce système présente des avantages incroyables, qu'on ne trouve nulle par ailleurs:
• Le firewall est absolument transparent pour toutes les applications. Que ce soit
un programme de mail, de l'IRC ou du Real-Audio! 
• C'est le gateway qui réalise toutes les demandes. On n’a donc besoin que d'une
seule adresse IP réelle, les autres pouvant être fictives. Vous pouvez d'ailleurs
vous en servir chez vous, pour relier plusieurs machines sur Internet en même
temps avec un seul modem.
• IP-Masquerading   offre   une   excellente   protection   contre   les   attaques.   Il   est
d'ailleurs (jusqu'à preuve du contraire) d'accéder aux ressources internes.
• Le système est simple à mettre en oeuvre.
• Linux vous offre les fonctionnalités d'un firewall évolué pour protéger le firewall
lui-même.
IP-MASQUERADING
15Internet Client Domain Controller
Username
Domain
Pwd Hash
6
NT Server
5
7 Encrypted
Token
8,9
Internet Client NT Server
Access MDB
Database Fi le
IIS NT Server
ASP File
Using ADO
Connect as
IUSR_Machine
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PaulEn
crack : ftp://ftp.win.tue.nl/pub:security/crack4.1.tar.z
passwd+: ftp://ftp.darmouth.edu/pub/security/passwd+.tar.z
npasswd: ftp://ftp.cc.utexas.edu/pub/npasswd/npasswd.tar;z
COPS :  ftp://ftp.win.tue.nl/pub:security/cops_104.tar.z
tiger: ftp://net.tamu.edu/pub/security/TAMU/tiger-2.2.3.tar.gz
tripwire: ftp://coast.cs.purdue.edu/pub/coast/tri … -1.2.tar.z
TCP/IP Network Administration
Craig Hunt
1st Edition August 1992
ISBN: 0-937175-82-X, Order Number: 82X
502 pages, $29.95
Le routage dans Internet
Christian Huitema
Paris, Eyrolles, 1995
ISBN 2-212-08902-3
BIBLIOGRAPHIE


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